Archives Mensuelles: avril 2012

Steven le taxi

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Tous les jours de 6h à 22h, Steven arpente les rues de San Lorenzo dans son taxi. C’est notre chauffeur officiel ici, on l’appel chaque fois qu’on doit sortir le soir (question de sécurité). Un petit vidéo qui fait découvrir les rues de San Lorenzo et Steven qui nous parle de son travail de taxi.  3min.

Réalisation : Alexandre Gauthier

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Bus – Première partie

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-Marie-Elaine-

Se rendre au boulot, c’est une affaire de rien. Mais quand on vient d’ailleurs, chaque seconde est différente, a une couleur, une odeur et une texture particulière. Je vous invite donc à me suivre en ce mercredi matin, pour une journée normale, jusqu’à l’organisation partenaire chez qui je travaille, à 30 minutes en voiture de chez moi.

Il faut comprendre que je prends le bus tous les matins, pour me rendre au boulot. 7H15 am à l’arrêt de bus pour prendre le prochain transport: direction Pespire, Choluteca. Chaque matin je croise les kiosques de fruits et de légumes qui nettoient leur emplacement près du marché central. Ils n’ont pas fini d’installer les parasols au dessus de leurs caisses de vivres qu’ils veulent déjà me vendre la première mangue du matin, les plus belles bananes du Honduras, les plus grandes papayes jamais vu… Ils me font rigoler et ils le savent bien.

À la moitié de ma route je croise le vendeur de journaux. Heraldo, Tribuna, Diez ! La plupart du temps, je n’achète pas les journaux ici. Avant, on le faisait chaque matin, mais avec le temps, les images morbides et sensationnalistes ont eu raison de notre appétit matinal. Ce matin, je l’achète. Il est arrivé un accident la nuit dernière et on se demande si les rues anonymes derrière la photo du mort le plus récent, cette fois, seraient les rues que certains empruntent chaque jour ici. Pas de trace de lui. Faut dire que les 13 morts dans la prison de San Pedro Sula, c’est plus dramatique, et à voir les images… je n’aurais pas dû l’acheter ce journal encore une fois.

Traverser la panaméricaine en courant à travers la poussière des camions lourds qui reviennent de Choluteca. Une quinzaine d’hommes sont entassés dans la boîte d’un camion, près pour aller travailler. Ils attendent le dernier qui court à quelques mètres de la voiture déjà en marche, en essuyant les insultes sans méchanceté de ses collègues, qui trouvent toujours quelque chose pour se moquer de quelqu’un.

Cette fois, ça y est. Je traverse l’épaisse colonne de fumée qui vient d’un immense feu de déchets. L’odeur du plastique est insupportable et les morceaux de papier journal, vire-voltent agressivement dans les airs, amenés ici et là par le vent des camions et des autobus qui passent. Le bus que j’attendais arrive, plein à craquer. À mesure que les gens descendent, les prochains passagers se massent autour de la porte. C’est tellement dense que les gens arrivent à peine à descendre. Et à ce moment, les bruits si communs à mes oreilles me semblent plus fort ce matin: «  AGUA AGUA AGUA, COCA, AGUA! » crie un jeune homme d’à peine 10 ans. Une femme adorable, qui peine à se faire un chemin dans l’aller : « PLATANOOOO, Sandwich o jamon, PLATANOOOO, Sandwich o jamon »… et ça continue. Ça s’achète coke et chips à 7h15 le matin, ça t’appelle « Mon Coeur » et c’est quand même beau à voir!

L’aventure ne fait que commencer…en route vers Pespire…à suivre!

Moé j’aime la police

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-Alex-

On est sur le bord de la mer, les gars jouent au soccer, les filles se baignent pas de maillot ! – En fait, elles se baignent tout habillée (!?). – Assis tranquillement les pieds dans le sable tout est relaxe. Six uniformes bleus avec leurs grosses bottes noires avancent sur la plage avec leurs fusils d’assaut. La partie de soccer continue, les filles se baignent toujours: c’est normal, au Honduras la police est tout le temps-là, avec son air menaçant, sauf quand on a besoin d’elle.

Récemment, un camarade coopérant d’une autre ONG s’est fait voler son ordinateur portable dans sa maison durant la nuit alors qu’il était hors de la ville. Inquiet, il va au commissariat pour dénoncer le vol, mais on lui répond que c’est normal, il y a beaucoup de vol dans son quartier. Alors vous n’allez rien faire ? Non…

Au barrage policier sur la route panaméricaine près de San Lorenzo, un policier arrête le véhicule de notre organisme et déclare qu’on doit payer une « nouvelle » taxe de passage. Clairement un pot de vin. Notre coordonatrice sentant l’arnaque lui dit qu’il n’y a pas de problème, mais qu’on doit avoir un reçu pour notre comptabilité. Et il nous en a fait un…

Pire encore ! Une coopérante qui travaille avec nous à San Lorenzo se fait voler son porte monnaie sur la rue principale à l’heure du dîner. Le jeune voleur se sauve en bicyclette. Comme tout le monde se connaît ici, ça ne prend pas de temps pour savoir quel est le nom de l’auteur du vol – d’ailleurs, pour la postérité, il est surnommé la petite crevette.

Elle va au poste de police pour déclarer le vol. L’agent lui dit qu’ils ne peuvent rien faire si elle ne sait pas qui lui a volé son porte monnaie. Ça tombe bien je sais qui c’est, et on m’a même dit où il habite ! Haaaa … (malaise)

Alors vous n’allez rien faire ? Non…

Et il lui sort l’excuse du siècle : en fait, nous ne pouvons pas y aller parce que nos véhicules n’ont plus d’essence et on a pas d’argent pour en mettre. Tant qu’à se faire niaiser, la coopérante leur propose de payer le taxi aux agents qui lui ramèneront son porte monnaie contenant son passeport. Haaaa… non. Ça non plus ce n’est pas possible, les taxis n’embarquent plus les policiers parce qu’on faisait ça avant et que ça les mettait parfois dans des positions dangereuses…

Heureusement, elle a réussi à ravoir son passeport quelques jours plus tard… la police l’a finalement retrouvé. Il y a plusieurs rumeurs sur ce qui est arrivé par la suite à la petite crevette… mais on ne sait jamais vraiment.