Archives de Tag: voyage

Bus – Première partie

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-Marie-Elaine-

Se rendre au boulot, c’est une affaire de rien. Mais quand on vient d’ailleurs, chaque seconde est différente, a une couleur, une odeur et une texture particulière. Je vous invite donc à me suivre en ce mercredi matin, pour une journée normale, jusqu’à l’organisation partenaire chez qui je travaille, à 30 minutes en voiture de chez moi.

Il faut comprendre que je prends le bus tous les matins, pour me rendre au boulot. 7H15 am à l’arrêt de bus pour prendre le prochain transport: direction Pespire, Choluteca. Chaque matin je croise les kiosques de fruits et de légumes qui nettoient leur emplacement près du marché central. Ils n’ont pas fini d’installer les parasols au dessus de leurs caisses de vivres qu’ils veulent déjà me vendre la première mangue du matin, les plus belles bananes du Honduras, les plus grandes papayes jamais vu… Ils me font rigoler et ils le savent bien.

À la moitié de ma route je croise le vendeur de journaux. Heraldo, Tribuna, Diez ! La plupart du temps, je n’achète pas les journaux ici. Avant, on le faisait chaque matin, mais avec le temps, les images morbides et sensationnalistes ont eu raison de notre appétit matinal. Ce matin, je l’achète. Il est arrivé un accident la nuit dernière et on se demande si les rues anonymes derrière la photo du mort le plus récent, cette fois, seraient les rues que certains empruntent chaque jour ici. Pas de trace de lui. Faut dire que les 13 morts dans la prison de San Pedro Sula, c’est plus dramatique, et à voir les images… je n’aurais pas dû l’acheter ce journal encore une fois.

Traverser la panaméricaine en courant à travers la poussière des camions lourds qui reviennent de Choluteca. Une quinzaine d’hommes sont entassés dans la boîte d’un camion, près pour aller travailler. Ils attendent le dernier qui court à quelques mètres de la voiture déjà en marche, en essuyant les insultes sans méchanceté de ses collègues, qui trouvent toujours quelque chose pour se moquer de quelqu’un.

Cette fois, ça y est. Je traverse l’épaisse colonne de fumée qui vient d’un immense feu de déchets. L’odeur du plastique est insupportable et les morceaux de papier journal, vire-voltent agressivement dans les airs, amenés ici et là par le vent des camions et des autobus qui passent. Le bus que j’attendais arrive, plein à craquer. À mesure que les gens descendent, les prochains passagers se massent autour de la porte. C’est tellement dense que les gens arrivent à peine à descendre. Et à ce moment, les bruits si communs à mes oreilles me semblent plus fort ce matin: «  AGUA AGUA AGUA, COCA, AGUA! » crie un jeune homme d’à peine 10 ans. Une femme adorable, qui peine à se faire un chemin dans l’aller : « PLATANOOOO, Sandwich o jamon, PLATANOOOO, Sandwich o jamon »… et ça continue. Ça s’achète coke et chips à 7h15 le matin, ça t’appelle « Mon Coeur » et c’est quand même beau à voir!

L’aventure ne fait que commencer…en route vers Pespire…à suivre!

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Des vacances d’astronautes

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Petit jeu: mais qui a écrit ce texte ? Marie ou bien Alex… Donnez votre opinion dans les commentaires au bas de l’article. Notez que tous les textes ont été féminisés pour les fins du petit jeu.

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Nous avons eu la chance de résider au (pas) très chic Backpacker lodge sur l’île d’Utila. Une genre de cabane assez rudimentaire dans laquelle on partage une toilette pleine de moustique et une douche pleine de … je vous laisse imaginer c’est plus drôle.

Comme voisin, à part notre ami coopérant, nous avons eu la chance de collocater nos aires communes avec des gars sales. C’est pas un jugement, c’est vrai. Mettons là… quand tu laisses ta brosse à dent sur le coin du lavabo monter sur un frame de pvc, comment tu fais pour savoir si elle est tombée durant la journée ? Comment tu fais pour savoir si un gars plus sale que toi ne s’en est pas servit lui avec ? C’est la pointe de l’iceberg votre honneur, mais je crois que vous comprenez…

La Utila que nous avons vu c’est un gros party de Cégep. Le matin ceux qui plongent pas ont la gueule de bois jusqu’à midi. Genre tu te mets un tubas pis un masque pour aller faire du snorkelling vers 11h le matin parce que tu sais pas si hier t’as pitché ta bouteille de rhum dans les caraïbes ou pas. La bouteille manque toujours à l’appel soit dit en passant votre honneur..

Question de pas se relaxer, on a pris des cours de plongée. Quatre bonnes grosses journée avec des cours théoriques et des exercices dans l’eau. Première journée mon corps capote parce qu’il ne conçoit pas qu’on puisse respirer sous l’eau et l’instructeur nous demande d’enlever nos masques pour tester les situations d’urgence. Pis ta première journée ? C’est mieux d’être beau taleur.

Après quelques jours, à une 15aine de mètres sous l’eau j’essaye de rester calme pis de ne pas penser à tout ce qui pourrait se briser dans mon équipement. Je me sens comme si j’étais dans Chérie j’ai réduis les enfants et j’ai camouflé les preuves dans l’aquarium. Je regarde autour de moi et pour la vrai première fois depuis que je suis au Honduras, je suis complètement dépaysée.

C’est comme quand je rêve que je vole, si j’inspire fort je monte, si j’expire je descends. Tout est calme, lent, j’entends ma respiration ultra fort. Une fois que tu comprends la technique, c’est vraiment facile. Pendant un instant, je repense à mon choix de carrière quand j’avais 10 ans, je voulais être astronaute. Je flotte au fond de l’eau et je découvre un paysage encore plus beau que la lune, je suis astronaute.

Tout est zen dans le fond de l’eau.

Sauf le gros monsieur qui travaille dans l’industrie minière et ses deux fils qui le cours avec nous.

On fait tous attention pour ne pas toucher aux coraux, lui il ne regarde pas et il fonce dedans tête première, paf ! Il fait le saut et remonte brusquement, il heurte un de ses fils qui essaye de le repousser avec sa jambe. Deux minutes après, les deux jeunes se battent et essayent de s’enlever le respirateur de la bouche l’un l’autre (!$%#!). Le monsieur lui ? Merde il est rendu où… Bang ! Je reçois son genoux sur le bord de la tête, faut jamais le perdre de vu le monsieur. Au final, on est certifiés plongeurs, maman tu vas recevoir mon diplôme par la poste.

Noël sur le bord des caraïbes il y a pire que ça dans la vie, mais ça manque un peu de petites saucisses à la sauce VH et de tout ce qui rend le noël de chez nous unique: la famille, les amis, le frette.

PS: À notre défense, le (pas) très chic backpacker lodge était seulement à 3$ la nuit votre honneur.

Chronique ordinaire

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-Alex-

Assis les deux fesses dans mon hamac à me faire bercer par le bruit des klaxons d’en face et des ouvriers qui gossent en arrière de la maison, avec mon laptop sur les genoux, j’écris une chronique ordinaire.

Ça va bientôt faire deux mois qu’on est à San Lorenzo. On se sent de moins en moins en voyage, de plus en plus chez nous. Chez nous, mais loin pareil.

Durant la journée, il y a du travail ou des cours d’espagnol. Le soir, on écoute des films ou on sort souper avec les autres coopérants. Une routine de 8 à 5 qui t’enlève un peu (pas mal) le feeling du voyage. Tant bien qu’on se met à penser à la prochaine fois qu’on va partir, comme quand on était chez nous et qu’on rêvait au Honduras…

Sinon, ces temps-ci je pellette de la roche… j’aimerais dire que je prépare un jardin, mais je fais juste pelleter de la roche depuis deux semaines. Au rythme où ça avance, je pense que je vais être musclé avant d’avoir mangé une papaye de mon jardin.

Paraît qu’il neige au Québec. Ici, la seule chose qui nous fait penser à l’hiver ce sont les pubs du père-noël habillé comme un gars de kuujjuaq. En short pis en gougoune, je sue du genou, pis lui y me regarde en riant dans sa grosse barbe ! Pour le réveillon, c’est clair que c’est pas moi le père noël cette année.

Avec les autres coopérants on parle trilingue. Ils viennent de partout dans le monde et ont vécu dans plein de pays. C’est un peu comme dans l’auberge espagnol. On parle de plein de trucs pis on mange… on mange. Certains soirs je parle trilingue dans la même phrase… après une couple de rhums.

On sort un peu les fin de semaines pour retrouver le feeling du voyage, On s’achète des cartes du pays, des guides de voyage, on va voir sur internet. On passe des soirées entre coopérants à jaser de nos prochaines destinations. Quelque part, on est comme des junkies qui ont besoin d’une dose d’exotisme, toujours plus forte pour retrouver le feeling du début.

Amour et plottée de bine (traduction libre)

Parlant de trucs ordinaires, on a acheté le DVD piraté d’un film hondurien. Ça s’appelle Amor y Frijoles. Quiproquo d’une vendeuse de frijoles qui pense que son mari la trompe parce qu’il rentre tard, alors que celui-ci va à l’église tous les soirs prier pour avoir un petit garçon. Elle devient jalouse et couraille avec plein de gars pour se valoriser. Elle finit par être enceinte d’un petit garçon. Lorsque le film termine tout le monde est content. Morale ? On a pas encore trouvé… suggestions ?

Maintenant que vous êtes en appétit, je vous promet la recette des frijoles qu’on voit dans le film, à suivre bientôt.

 

 

 

Paisible champ de fleurs recherche Grande roue diabolique pour fin de semaine de vacances

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– Marie-Elaine –

Bon, il y a déjà quelques semaines qu’on est arrivé, c’est si peu en même temps… Parfois c’est plus difficile, après l’arrivée dans un endroit nouveau, tout est est à découvrir, tout est beau et nouveau…. vient ensuite le moment où les différences nous irritent plus qu’elles nous fascinent. La semaine dernière, on était un peu dans cette phase là. Les choses n’allaient pas aussi vites que nous l’aurions désiré et la semaine était longue.

Les autres coopérants étaient partant pour une fin de semaine de trois jours vers Tegucigalpa, la capitale du Honduras: Go ! C’est notre chance de bouger un peu!

Le but premier de ce périple était le concert, samedi en soirée, de Juan Luis Guerra, une icône de la musique latine! C’était son premier spectacle au Honduras et l’accueil du public hondurien n’a pas dû le décevoir! Un peu plus de 15 000 personnes, dans le stade de baseball, et tout le monde connaît ses chansons par coeur. Moi j’comprends à moitié rien, mais ça a du rythme, on a du plaisir, on danse un peu.

Pendant le rappel, on est plus les seuls à danser en bas des estrades, ça se remplit de gens (qui savent danser…) et la foule chante plus fort que le band… wow!

C’était une soirée bien partie qui s’est terminée malheureusement en queue de poisson, dans un bar laid … oh non…. lounge que je veux dire, avec des lasers, des gars chauds, et d’la bière pas buvable. Même nos pas de danse n’étaient plus aussi convaincants qu’au stade… Il est temps d’aller dormir!

On quitte cette grosse bébelle encore inconnue qu’est Tegucigalpa… direction 17 km plus loin: Santa Lucia.

Santa Lucia… c’était ça. Le Honduras qu’on voulait voir. Moins de barbelés, moins de murs de 3 mètres autour des maisons, plus de fruits, de légumes, qui poussent des arbres. Plus de fleurs qui se vendent au marché le dimanche. Une église à faire rougir d’envie Robert Rodriguez et Tarantino. Ça a durée à peine une heure, mais ça nous a permis de relativiser le pays, pas faire moins attention, ou être moins attentif, mais seulement se rendre compte qu’il y a des gens qui n’ont pas la méfiance comme première arme de défense. Pas que je juge ceux qui l’utilisent, dans des conditions comme celles-là, je ferais la même chose.

C’est juste que ça fait du bien, quand tu doutes, de voir des choses comme ça. Du beau, du bon, des drôles de compagnons de voyage… parce que ça aussi c’est un peu magique. Des gens que tu ne choisis pas, qui viennent ici pour des raisons parfois très différentes, mais qui au fond se ressemblent un peu quand même. Des gens qui dansent, d’autres qui sont un peu gênés. Des gens qui aiment raconter des blagues, d’autres qui aiment les entendre. En fait, de ne pas les choisir… te fais demander comment les choses peuvent avoir si bien tombées…

PS: On a fait notre dernière journée à la Vallée de Angeles, près de Santa Lucia et nous attendait là-bas une fiesta démentielle. Je crois même qu’on a pu mettre la main sur tous les vieux équipements de Beauce Carnaval ! Les classiques: petit train en forme de chenille, mini-roue, grande-roue, bateau-pirate et jeux de hasard! Alex et moi avons tout donné pour la grande roue…

Là vous dites: « Ohh cute, la grande roue » … attendez !

Elle ne s’est pas gênée pour nous montrer qu’elle était peut-être un peu vieillissante, mais elle n’avait pas donné son dernier mot. Commence alors la pire « ride » de grande roue jamais vécue. C’était AFFREUX! Elle allait vite par en avant, comme par en arrière et la fille dans le siège en face de nous étaient de mon avis, il fallait que ça s’arrête rapidement! Deux heures après, en visitant une galerie d’art… j’ai encore mal au coeur…

Et un petit mot pour mon grand-papa, qui aurait bien aimé nos aventures je crois…je t’aime!xx

Quelques secondes avant la fin du calvaire …

God bless Tegucigalpa

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-Alex-

2h du matin, on est dix gringos dans un nightclub de Tegucigalpa. Tout le monde danse autour. Moi, je me demande vraiment ce que je fais là. Un nightclub ça reste franchement poche, même au Honduras. Le chauffeur de notre taxi dort dans sa camionnette. Je me dandine sans conviction en attendant qu’on s’en aille de là.

Y’a des lasers partout et moi je pense à ma journée. Je cherche ce que je vais pouvoir écrire. Les yeux dans la graisse de bine je repasse ma journée dans ma tête.

En arrivant on est allé au centre d’achat, un équivalent du Carrefour Laval qui réussit à être aussi straight que chez nous. Le même éclairage trop blanc, la même musique (américaine) trop forte, le même petit air « je te juge » des vendeuses… Ho, une librairie ! Mais attend une minute, c’est toutes des livres qui parlent de Jésus ?!% Okay on sort d’ici.

Partout où on se promène on trouve l’empreinte des States. L’Oncle Sam est passé ici avant nous, ça pue l’américanisation. Notez que je n’ai rien contre la culture américaine, seulement l’impression qu’elle a tendance à prendre toute la place. Comme si t’ouvrais une canne de sardine chez un fleuriste, notez que je n’ai contre les sardines non plus.

De la terrasse de l’hôtel, quand on regarde la ville, on voit un écrito géant comme à Hollywood, mais ici c’est marqué COCA COLA. Rendu-là c’est même plus de la pollution visuelle, c’est de la pollution culturelle.

Il doit être 2h05, je serais n’importe où sauf ici. Si c’était juste de moi, on monterait tous dans la vanne du chauffeur de taxi pis on roulerait comme des malades vers l’hôtel. Je sortirais 6, 12, 18… ouin 18 bières. Pis tant qu’à se sentir dans une succursale des États-Unis, on mettrait Born to be wild dans le tapis pis on gueulerait les paroles vitres ouvertes…

À 2h06, je me fais tirer de ma méditation par une fille complètement saoule qui se met à crier en espagnol après un des gringos qui ne comprend rien. Ensuite, elle casse des bouteilles un peu plus loin dans le bar. On ne prend pas de chance, on réveil notre chauffeur de taxi et on rentre… enfin !

  • As-tu aimé Tegucigalpa ?
  • En fait, j’ai pas vraiment vu Tegucigalpa…
  • T’as vu ce qu’il y avait à voir, le reste est dangereux.
  • (J’espère qu’il se trompe) Ah bon…

Bonus gourmand: Au subway du centre d’achat j’ai pu mettre de l’avocat dans mon 6 pouces steak et fromage. Notez aussi qu’il n’y a pas la promo 12 pouces 5$ ici… c’est pour ça que j’ai juste pris un 6 pouces.